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Education

 

Les films regroupés autour du thème de l'éducation pour la plupart d'entre eux parmi les premiers films réalisés par Jean‑Michel Carré. Pour certains, ils n'ont pas été diffusés depuis très longtemps, pour d'autres, ils n'ont jamais été diffusés en salle.

Tous les films sur l'éducation sont nés d'une collaboration étroite et longue avec Patricia Agostini et Nicolas Sandret, instituteurs à l'école expérimentale de Vitruve dans le XXème arrondissement. Cet établissement représente une expérience importante dans l'histoire des écoles alternatives. S'appuyant sur des réflexions politiques et sur les expériences déjà menées dans d'autres pays comme l'école de Summerhill, elle a développé une pédagogie dans laquelle l'enfant, apprend à être conscient du monde qui l'entoure et à devenir autonome, acteur de sa propre vie. Laissant aux enfants la liberté de débattre entre eux de ce qui les concerne, d'organiser des repas de quartier ; de visiter des usines, Vitruve voulait sortir l'enfant du statut passif qui lui est imposé par un système éducatif répressif.

Cette expérience est retracée dans On n'est pas des minus ! dont le traitement reprend la liberté de ton de ces enfants étonnants de maturité, évoluant dans un milieu qui leur permet de s'épanouir.

L'expérience de Vitruve cherche justement à contredire une situation dans laquelle l'enfant est « dépossédé de toute responsabilité, placé dans un ghetto, surprotégé, dépendant en toute chose, de ses maîtres et de ses parents [ et où ] il n'a que le droit d'obéir et d'être sage. »

Dans L'Enfant prisonnier, Jean‑Michel Carré met en scène la journée d'un enfant abandonné par des adultes qu'il n'intéresse pas. La force du film réside notamment dans le fait que l'enfant est filmé à sa hauteur et que l'on est, comme lui, pris dans l'indifférence générale ou l'agacement que sa présence suscite.
Le film a obtenu le Prix Spécial du Jury du Festival International de Grenoble, le Grand Prix du Festival du Film Francophone à La Nouvelle Orléans en 1977, et a été nominé aux Césars de 1977.

Réalisé collectivement, Alertez les bébés ! est le résultat d'une réflexion conjointe menée par le réalisateur, un groupe d'enseignants et de militants ouvriers. Les scènes d'interviews fictives et de mise en scène montrent le poids des interventions des parents, enseignants et spécialistes en tous genres qui font de l'enfant un enfant cerné... La réception du film dans les cinémas mais aussi dans les associations révèle tout autant à quel point la réflexion sur l'éducation était alors objets de maintes discussions et comment un film pouvait, par voie de diffusion parallèle au circuit commercial, rassembler et générer des débats. Le succès de ce film a néanmoins été considérable : ses un million d'entrées dans les salles commerciales ont révélé son auteur. Il marque véritablement le début de la reconnaissance de Jean‑Michel Carré en tant que documentariste et impose sa démarche de cinéaste.
Ce film a obtenu le Prix du festival du Cinéma du Réel à Beaubourg en 1978 le Grand Prix du public au Festival de Trouville en 1978.

Pendant à l'expérience de Vitruve, Le Ghetto expérimental retrace l'expérience de l'université de Vincennes fondée en 1968 et dont les professeurs ont réinventé plus d'une discipline. Les étudiants réclamaient une université qui ne soit plus réservée aux nantis, une université ouverte qui prendrait en compte les acquis de mai 68 en matière d'enseignement. Le film met l'accent sur la vie collective à l'intérieur d'un espace qui n'est plus seulement un lieu d'apprentissage en amphi., mais un lieu où les échanges sont constants, les expériences, les plus diverses (spirituelles, politiques, artistiques, physiques). Jean‑Michel Carré et Adam Schmedes, les co‑réalisateurs montrent à la fois les possibilités de cette nouvelle université, mais aussi les limites de certains engagements.

Avec Votre Enfant m'intéresse, Jean‑Michel Carré s'attaque à l'histoire du statut social de l'enfant. S'appuyant sur les recherches de Philippe Ariès, il retrace le processus de formation de la famille nucléaire bourgeoise telle qu'elle fonde le rapport actuel à l'enfant et à tout le système éducatif et légal qui l'entoure.
Ce film, produit par bons de souscription (voir annexes), a été essentiellement diffusé dans les milieux associatifs en France et a suscité un grand nombre de débats. Il n'a cependant jamais été diffusé en salle ni à la télévision.

Pour Une question de classe(s), Jean-Michel Carré a filmé tout au long d'une année scolaire une classe de CP. En dévoilant l'évolution de quelques écoliers à ce moment clé de leur vie, l'apprentissage d'outils fondamentaux comme l'écriture, la lecture et le calcul, en les suivant dans leur milieu familial, ce film nous éclaire sur les multiples facteurs qui conduisent un enfant, plutôt qu'un autre, à la réussite ou à l'échec scolaire.