Quelques personnages
du film

SONIA

Sonia est prostituée depuis près de trente ans, elle travaille en vitrine à Bruxelles, elle a la cinquantaine passée.

Sonia est issue d’une famille bourgeoise, sa mère refait sa vie avec un homme avec qui elle ne s’entend pas. Elle tombe enceinte à 18 ans, son beau-père ne veut pas de l’enfant. On lui retirera son fils à la naissance. Elle quitte la famille, et commence à travailler à la caisse dans une maison de passe. Elle est fascinée par l’univers de la prostitution et découvre peu à peu qu’elle apprécie le métier de pute. Sonia aime le sexe. La prostitution lui permet de gagner son indépendance et de s’engager avec passion pour la cause des femmes, des prostituées et des étrangers. En 1995, elle fait la connaissance de Grisélidis Réal, une rencontre qui va la bouleverser. Une longue amitié va naître entre les deux femmes. Sonia va s’engager totalement au coté de Grisélidis pour la cause des prostituées. Grisélidis meurt en 2005, Sonia continue le combat. Sonia aime son métier : « je suis une assistante sociale avec le sperme en plus... ».

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YVAN

Ivan

Yvan a 72 ans. Depuis dix ans, suite à la disparition de la femme de sa vie, il a décidé un jour de casser sa solitude en se retrouvant devant la vitrine de Sonia. Il ne supportait plus l’idée de ne plus toucher le corps d’une femme. Seule une prostituée lui a permis de ressentir à nouveau le désir, la vie, l’émotion de passer quelques dizaines de minutes avec une femme. Depuis ces dix années, une fois par semaine, il vient rendre visite à Sonia.

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ISABELLE

Isabelle

Isabelle a 32 ans, elle est prostituée depuis 18 ans à Toulouse. Isabelle a été attirée par la prostitution très jeune bien qu’issue d’une famille d’intello. Elle veut rapidement gagner son indépendance, abandonne ses études et débute occasionnellement à 21 ans comme serveuse en bar américain. Au bout de quelques mois, elle décide de monter en chambre. À 24 ans, elle décide de travailler dans la rue pour se sentir véritablement indépendante. Elle aime la prostitution et apprend comme elle dit à expérimenter les rapports humains. Elle aime parler de ses clients, elle est aussi celle qui dirige et dicte les règles.

Se prostituer est, dit-elle, un acte politique et féministe. Elle a toujours refusé la soi-disant réinsertion. Pour elle la prostitution devrait être la cause de toutes les femmes. Isabelle s’exprime sur les différentes composantes du stigmate de pute qui est actuellement son principal combat.

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GABY ET PASCALE

Gaby

Il y a quelques années, Gaby a arrêté de se prostituer pour se consacrer uniquement à son projet, l’ANA « A Nos Ainées ». Face à la misère et à la situation plus que précaire de vieilles prostituées, elle a décidé de créer une maison d’accueil pour les anciennes qui se retrouvent le plus souvent à faire encore des passes à 70 ou 80 ans pour survivre. Gaby veut aider ces femmes qu’elle côtoie chaque jour. Son projet est en attente de subventions, mais Gaby ne lâche pas. Jusque-là, elle n’a réussi à obtenir qu’un local pour accueillir et informer les anciennes sur leurs droits.

À 18 ans, elle décide de se prostituer. C’est l’époque de Pigalle et des putes traditionnelles. C’est à cette période qu’elle rencontre Pascale qui la conseille sur le métier. Depuis quelques années, du fait de la difficulté de survivre comme vieilles prostituées, Gaby et Pascale partagent un modeste appartement en banlieue parisienne. Pascale continue de se prostituer au bois de Boulogne. Gaby l’a entraîné dans l’aventure de son association, elle y sera la première salariée. Gaby a lié une longue amitié avec Grisélidis Réal et combattu à ses cotés pour les droits des prostituées.

Pascale

Pascale a 68 ans et se prostitue depuis 45 ans. Diminuée par l’arthrose et les rhumatismes, Pascale ne peut plus travailler tous les jours, mais elle refuse de quitter sa place. Elle la défend comme son territoire et celui de celles qui sont mortes. Pascale n’a jamais eu de proxénète, elle vit librement, fière d’être pute. Ses clients sont pour la plupart des habitués. Certains jeunes viennent la voir pour mieux connaître la sexualité féminine. Pascale pense elle aussi que le métier de pute s’est dégradé. Ces dernières années, elle s’est fait agresser plusieurs fois sur son lieu de travail. Le bois de Boulogne est devenu dangereux. Malgré cela, Pascale est déterminée à ne rien lâcher.

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ALAIN

Alain

À la sortie de l’adolescence, Alain a commencé gratuitement, et pour le plaisir, son métier de prostituée homme, « escort » ou « gigolo » comme on dit pour ne pas froisser le politiquement correct, place Dauphine à Paris. Il y rencontrait principalement des couples. Informaticien de métier, il décide de se professionnaliser en créant son site d’escorte sur Internet, ce qui lui apporte de nombreuses clientes. Depuis il se partage entre ses deux métier. Parmi la vingtaine d’escortes que j’ai pu rencontrer, c’est le seul qui a accepter d’être filmé et encore en ne montrant pas son visage car explique-t-il, c’est le plus gros tabou qui existe encore sur la prostitution, celui de femmes clientes d’hommes prostitués.

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MAITRESSE NIKITA

Maîtresse Nikita

Il est le président de l’association « les Putes » qu’il a créée en 2005 pour faire face, entre autres, aux lois Sarkozy. C’est en rencontrant d’autres putes en Europe qu’il a pris conscience qu’il appartenait à une communauté. C’est peut-être là le sens de la création de son association dont l’histoire a commencé à la première Conférence européenne des travailleuses du sexe en 2005. Il a trois enfants de 16, 18 et 22 ans et 32 ans de prostitution. Pour lui, pute, c’est beaucoup plus qu’une histoire de cul, c’est un art de vivre. Nikita a aussi un cabinet de naturopathe. Plusieurs de ses patients sont des clients. Beaucoup de jeunes garçons qui démarrent dans la prostitution viennent lui demander des conseils. Il est présent dans toutes les actions autour de la prostitution comme dernièrement les Assises de la prostitution où s’est créé le premier syndicat français des travailleu(r)ses du sexe.

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MARIANNE

Marianne

Belge, âgée de 40 ans, prostituée pendant 17 ans après une longue période de chômage. Elle apprend les règles du métier avec des transsexuels et des travestis. Elle considère que grâce à l’argent de ses clients, elle a enfin pu vivre normalement. Elle se découvre bisexuelle et se paye des prostituées quand elle n’a pas d’amie au bout de quelque temps. Elle rencontre un neuropsychiatre qui lui parle du désespoir des hommes et femmes handicapés qu’il a dans son service et qui parfois, n’ont jamais eu de rapports sexuels. Elle va peu à peu se spécialiser avec ce type particulier de clientèle. Après quelques mois de pratique, qui lui donne encore plus qu’avant le sentiment d’être utile, le médecin lui avoue que ses patients prennent moitié moins de médicaments depuis que Marianne les rencontre. Avec ces hommes et ces femmes handicapés, elle découvre véritablement les signes du corps et se sent vivre des aventures passionnantes et différentes à chaque fois. Elle tente aujourd’hui de former d’autres prostituées dans ce domaine où la demande est malheureusement importante et s’est lancée depuis deux ans dans une formation d’infirmière psychiatrique.

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Sortie nationale

3 février 2010

Découvrez quelques phrase des personnages du film

Les Travailleuses du sexe : affiche du film